De l’utile en communication interne ? Déchiffrons un sondage !

Dès qu’elles sont sérieuses, il n’y a rien de tel que les données statistiques pour se comparer, s’inquiéter ou se rassurer. Et progresser ! En ce sens, la récente enquête de l’IFOP 2018 à laquelle était associé le Groupe SOS sur “Les nouveaux défis et les attentes des salariés” désigne quelques pistes à suivre en communication interne.

Les trois quarts des salariés français se disent satisfaits de leur situation professionnelle. Alors, en ces temps de contestation sociale, on pourrait se réjouir de cette donnée à contre-courant d’un imaginaire souvent négatif en ce domaine.

Le sondage de l’IFOP[1] s’inscrivant dans la durée (depuis 2003), les variations de réponses méritent surtout qu’on s’y attarde : avec un pic de satisfaction en 2006 et un creux en 2008, nous voilà dans un entre-deux. Ici, pas de pelletée de chiffres (et c’est volontaire !) mais surtout des tendances, des nuances qu’il est très utile de déchiffrer. Nous en déduisons ainsi des enseignements de management : pour la motivation des salariés, c’est le contenu même du travail et surtout l’autonomie qui leur est accordée qui y participent. On note que cette motivation diminue cette année pour une part non négligeable de la population. À partir des manques ressentis et exprimés on en déduira peut-être des remèdes car, précisément, plus de la moitié des salariés, toutes catégories confondues, s’accordent sur l’item :

« Votre travail n’est pas reconnu à sa juste valeur par l’entreprise ou la structure qui vous emploie ».

Un point qui pose question d’autant plus que c’est loin d’être un sentiment majoritaire chez les Britanniques, les Allemands ou les Américains.

Un besoin de sens

De ces éclairages on peut décider (ou non ?) de nouvelles orientations. Pour cela il faudrait aussi tenir compte d’une aspiration qui monte assez sérieusement, celle de la prise en compte par le management du bien-être au travail.

Lors de la présentation de ces résultats, le médiatique Président du Groupe SOS – Jean- Marc Borrello – a livré à l’appui de sa trentaine d’années d’expérience, ce qui sous-tend la réussite :

« Même quand la raison d’être de son travail est évidente, ce n’est pas gagné. S’il n’y a pas une appropriation des orientations, une co-construction des projets et s’il y a un décalage entre les discours et la réalité, la réussite n’est pas assurée. Qu’ils soient d’accord ou pas, les gens ont besoin de lignes claires pour se situer ».

Quand on constate via cette enquête nationale qu’une majorité des salariés se dit mal informée des projets et de la stratégie de leur employeur, on en déduit assez facilement qu’un fabuleux levier d’action est à la portée des responsables de la communication interne. Encore faut-il y voir clair dans les ambitions et l’avenir envisageable. Et puis, loin d’être un domaine réservé à quelques-uns, la communication interne est surtout une fonction partageable, notamment par les dirigeants qui gagneront toujours à avancer de quelques pas entre apparence et transparence.

Tiens, ça me donne une idée !

  • Et si on lançait une enquête essentiellement qualitative pour comprendre certains phénomènes plutôt que de chercher à les quantifier ?!
  • Et si on mettait en place une formation sur l’écoute active ?
  • Et si on réinventait un trombinoscope innovant, voire ludique, en jouant sur la reconnaissance des collaborateurs ?
  • Et si on organisait un brainstorming sur la raison d’être de notre activité professionnelle ?
  • Et si on…

D'autres idées


[1] Enquête IFOP de septembre 2018, réalisée sur un échantillon de 1005 salariés, représentatif de la population française salariée âgée de 18 ans et plus.

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