Confiance et vitesse, de fieffées ennemies

Les technologies de communication à la portée de tous permettent d’accélérer les échanges d’informations entre les personnes au sein des organisations. Avec, pour conséquence inopinée à ces empressements, une perte de confiance généralisée des uns envers les autres. Or, sans confiance les salariés ne s’impliquent pas foncièrement dans leur travail.

La confiance en un projet ou à l’égard d’un individu ne s’accommode pas de l’instantanéité, elle se construit, se constate, s’enracine et se corrobore au fil des jours.

La vitesse, dans ce cas et pour une part, c’est l’ennemie : des informations ultra rapides et très nombreuses suffisent rarement pour transformer une conviction, ou pour éliminer des suspicions. Comment ne pas imaginer qu’un objectif très vite défini et assigné avec force messages ne sera pas avec la même célérité abandonné, raboté ou réorienté tout à fait différemment? Quand deux entreprises fusionnent tout à coup alors qu’elles s’étaient toujours déclarées concurrentes, quand on abandonne une part de ses activités qui jusque là figuraient en bonne proportion dans son chiffre d’affaires, il y a de quoi ébrécher maints engagements du personnel si on n’a pas pris le temps d’expliquer et d’accompagner ces mouvements.

Entraîner les autres avec sincérité

Pour légitimes que soient les virages et décisions rapides, il n’en demeure pas moins que leurs réussites résident dans la motivation du plus grand nombre à les soutenir, dans l’investissement personnel qui peut en résulter. Et on ne donne véritablement de soi qu’en état de confiance, par une croyance en un projet, et surtout par une foi en ceux qui l’incarnent. L’autoritarisme n’est pas d’un recours efficace en ce domaine. Mieux vaut jouer la sincérité et en faire réellement preuve pour entraîner les autres avec soi. Cela étant on se trouve à ce stade réellement dans l’exigence de compétences managériales et de capacités relationnelles : il ne suffit pas de parler de confiance et de la revendiquer pour la créer, les discours à la mode et langue de bois la font même fuir. Elle se construit sur des liens, sur des pratiques et se démontre par la mise en œuvre de valeurs, sur un contrat moral presque invisible mais constitutif de la culture d’entreprise.

La capillarité de la confiance

Sachant qu’elle n’est jamais désincarnée, bien faire connaître la personnalité des dirigeants constitue une des pistes susceptible de générer de la confiance (qu’on puisse réellement faire confiance à son management demeure naturellement le postulat de base). En savoir assez sur eux pour se dire qu’on peut courir le risque de les croire, et de les suivre, cela prend du temps. C’est toujours par capillarité que la confiance s’instaure le mieux dans les organisations et bien des finalités méritent ce rapport au temps long. Quand l’environnement nous oblige à aller vite, il s’avère judicieux d’avoir auparavant pris le temps de l’acclimatement.

Sur le thème de la confiance, l’AFCI (Association Française de Communication Interne) a organisé un colloque à Paris à la Maison de la Radio, le 7 octobre 2010. Voici quelques extraits vidéo :

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