Le web au travail, une question de savoir-vivre

La vie c’est le changement. Sur ce plan, aujourd’hui c’est… comme avant. Sauf que nous assistons à une accélération extraordinaire qui modifie notre quotidien. Une mutation qui tout à la fois inquiète, déroute ou passionne, et en tous cas chamboule les organisations de travail : l’irruption du numérique et d’internet.

Et avec le web 2.0, voilà que s’amplifient les perturbations. Le web place l’individu au centre d’un carrefour où se mêlent le temps et l’espace, les vies personnelle et professionnelle. Dans ce nouvel écosystème, il faut apprendre à échanger et démêler ce qui peut être utile.

À la rareté d’une information à trouver, succède le trop-plein des informations à trier. Seul derrière un écran, chacun fait face à un feu d’artifice d’annonces, d’idées fugitives. On reste aux prises avec une masse d’informations aux provenances plurielles, enchevêtrées et contradictoires. La sérénité n’existe plus, sauf à aménager soi-même ses espaces.

Bien des frontières sont abolies : les lieux de travail, les distances, les délais, les hiérarchies. Aux repères fiables et durables, se sont substitués des modes de fonctionnement où tout demeure encore à l’essai. À l’œuvre définitivement achevée, on ne reconnaît plus qu’une tâche toujours perfectible. Tombée en désuétude, l’invocation « je fais bien le travail qui m’est demandé » ne compte plus face à l’expression « je propose des solutions et je contribue rapidement au travail d’équipe ». À la discipline au travail, on préfère l’initiative.

Nous voilà donc au cœur d’un paradoxe : les cartes sont rebattues, l’organisation se reconstruit entièrement et, comme techniquement tout semble possible, tout nous paraît immédiatement envisageable et accessible. On se connecte, on visite, on expédie, on transforme, on se retrouve. Mais, plus nous nous familiarisons avec la paroi plate des écrans, plus nous vivons dans l’urgence, plus nous nous encombrons de données virtuelles, et plus nous aspirons au réel.

Pour foisonnante que soit la technique, il devient essentiel de se focaliser sur une diététique de l’usage du net, moins zapper, jouer la complémentarité, et surtout s’interroger sur un style de vie au travail, sur des valeurs humaines à préserver, sur le temps et les lieux consacrés à d’autres types d’échanges.

Pour profitables que soient les prouesses technologiques, rien n’interdit de se former avec esprit critique à leur bon usage.

Se conduire sur cette route internet avec un certain savoir-vivre doit devenir une vraie priorité. Ne pas s’impatienter, se serrer la main, s’asseoir autour d’une table, se rencontrer à la machine à café, ce n’est pas fatalement perdre son temps ; ce serait plutôt consacrer un temps aux autres pour savoir réellement… se comprendre.

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