Le temps du management en 2030

Au cours de l’année passée, la « Maison du Management » a sollicité cent managers et responsables RH pour qu’ils expriment leur vision du management du futur. Nous avons participé le 25 avril 2017 à un débat d’une demi-journée autour des évolutions ainsi imaginées. Extraire ces quelques lignes directrices, c’est déjà s’accorder du temps, un moment de recul pour lutter contre la soumission à l’instant justement évoquée comme une des contraintes majeures des managers et de leurs collaborateurs.

Quelles (r)évolutions ?

Toutes les opinions convergent, Couverture du livre - une révolution du management est à venir. Celle-ci serait plus ou moins radicale selon les commentateurs, mais représenterait en tous cas une rupture avec notre époque. Alors que les pessimistes s’appesantissent sur ce que l’on risque de perdre dans cette évolution, d’autres se plaisent déjà à imaginer ce que l’on pourrait y gagner : le débat dévoile nettement deux types de postures qui s’opposent.

“[…] une révolution du management est à venir”

Malgré cela, sur les causes de ces évolutions, tous sont unanimes. Les managers évoquent le développement des TIC, le big data, l’intelligence artificielle, etc., et en parallèle la mondialisation et l’accélération des échanges que nous connaissons. Ces causes se combinent à la quête de sens et de sensations qui caractérise de plus en plus la société : pourquoi, pour quoi et pour qui travailler ? Sur quelles valeurs s’appuyer ? Le plaisir et la reconnaissance sont-ils au rendez-vous ? Savoir répondre à cet ensemble de questionnements qui émergent dès maintenant, voilà qui sera véritablement incontournable demain.

Les managers face à demain

En effet, là où la norme privilégiait la discipline collective, c’est aujourd’hui l’individualisme et l’envie de pouvoir tout remettre en question qui priment. Tous les lieux de travail se trouvent face à ces évolutions, ne pas s’y adapter constitue à terme un gros risque pour la santé de l’organisation.

Au-delà, le management doit obligatoirement articuler cette norme de l’individualisme avec la nécessité d’un collectif fort dans les organisations. Comment passer du «  je » au « nous », telle est la principale question que doivent se poser les managers. Indépendance et sécurité, individualité et lien social, gérer ces oxymores du quotidien nécessite d’innover dans les pratiques managériales. Au menu : la bienveillance, la confiance, l’appel à l’intelligence collective mais également une attention constante à toutes les formes de la souffrance au travail, toujours bien actuelle. Pour cela, l’option naturelle des managers sera l’exemplarité et l’animation plus par l’envie que par la contrainte.

“Indépendance et sécurité, individualité et lien social, gérer ces oxymores du quotidien nécessite d’innover dans les pratiques managériales.”

Si dans les discours on place de plus en plus l’humain au cœur du fonctionnement des organisations, dans la réalité l’évolution des pratiques managériales se heurte bien souvent à une réplique lapidaire : « je n’ai pas le temps ». Or, c’est justement le temps qui permet aux collaborateurs de nouer des relations et aux managers de construire cette coopération qui génère innovation et performance. En management, il faut parfois savoir prendre son temps pour ne pas le perdre !

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